Lire, Voir, Ecouter…

Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Divine providence – Donald Westlake

Classé dans : Livres,Polar / thriller — 29 juillet, 2008 @ 2:39

Divine providence - Donald WestlakeFred Fitch, paisible documentaliste new-yorkais, est un spécialiste de l’arnaque. Non, ce n’est pas un escroc : malheureusement pour lui, il se trouve dans le mauvais camp, celui des arnaqués. Sa crédulité est pathologique, si bien qu’il distribue son argent sans compter à toute personne qui lui en fait la demande sous les prétextes les plus invraisemblables. Le pire, c’est qu’il est suffisamment intelligent pour avoir pleinement conscience de ses tares…

Sur ce, il apprend un jour qu’il vient d’hériter de la somme de… trois cent dix-sept mille dollars, de son oncle Matt. Le problème, c’est qu’il ne connaît pas cet oncle Matt, et n’en a même jamais entendu parler. Néanmoins, il accepte l’héritage et devient riche du jour au lendemain.

Il apprend alors que son oncle n’est pas mort (seulement) d’un cancer, comme on le lui avait dit, mais « aussi » d’un coup derrière la tête avec un objet contondant… Ce détail biographique, plus quelques autres liés à la réputation sulfureuse de son parent commencent à semer le doute dans l’esprit de Fitch : était-ce une bonne idée d’accepter une telle somme d’argent d’une personne dont il ne soupçonnait même pas l’existence ? Le doute ne fait que croître quand il est victime de divers incidents inédits (même) pour lui, comme se faire mitrailler par des gangsters, perdre l’amie qui l’hébergeait pour cause d’enlèvement, être suivi par une limousine quand il marche dans la rue, puis poursuivi par des gens à la mine patibulaire, au point de devoir jouer les cascadeurs pour les semer… Heureusement que ses amis sont là pour le soutenir ! Mais peut-on vraiment avoir des amis quand on est doté d’un compte en banque aussi fourni ? Et dans l’affirmative, comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

Divine providence est avant tout une comédie : le personnage de Fred Fitch est à peu près aussi réaliste que celui de François Pignon dans nos latitudes, et sa principale ambition est de nous faire rire à ses dépens. La série d’arnaques dont il est victime, surtout au début de l’histoire, est impensable, au point que le lecteur est tenté de lui crier : « Mais ne lui donne pas d’argent, imbécile, c’est un escroc ! ». Les réflexions de Fitch, qui ne se fait plus aucune illusion sur lui-même, sont souvent savoureuses :

Désormais, quoi qu’il advienne, je ne pouvais compter que sur moi-même.
Ce n’était pas une pensée rassurante. J’avais conscience de mes capacités et de mes limites, et je savais laquelle des deux listes était la plus longue.
(p. 120)

Ou, quand il reçoit un tract lui demandant :

Avez-vous jamais été la victime d’un des dix-huit mille escrocs qui se livrent annuellement à leur néfaste activité aux Etats-Unis ?

Il répond en son for intérieur :

Ce n’était pas d’un des dix-huit mille escrocs que (moi, Fred Fitch, crétin honoraire) j’avais été victime, mais des dix-huit mille, sans compter ceux qui n’avaient pas été recensés ! (p. 223)

De son propre aveu, il est tout aussi dégourdi avec les femmes. Quand l’une d’elles s’installe chez lui sans lui demander son avis, il redoute la nuit qui arrive :

Je ne pensais qu’à mon lit, imaginant les dispositions qu’elle avait décidé de prendre pour la nuit. Je ne me considérais pas particulièrement puritain et si techniquement je n’étais pas puceau, mon abstinence durait depuis si longtemps que j’en étais revenu – du moins, à titre honorifique – à un état tout à fait virginal. Aussi, l’idée de sauter entre les draps en compagnie d’une ancienne strip-teaseuse (…) que je ne connaissais que depuis quelques heures (…) me paralysait. (p. 72)

Ce roman comporte donc beaucoup de scènes – d’action ou de réflexion – très amusantes. Mais la succession de gags finit par lasser un peu, d’autant que l’intrigue est assez mince. On sent que l’auteur lui-même la considère comme tout à fait secondaire par rapport aux portraits qu’il dresse de ses personnages, lesquels semblent sortir tout droit d’une BD, à l’instar du « héros ».

Une lecture agréable et sympathique, donc, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable, si ce n’est celui d’un bon moment de détente.

Tabarly – Yann Queffélec

Classé dans : Livres — 21 juillet, 2008 @ 4:18

Tabarly - Yann QueffélecEric Tabarly existait vraiment : Yann Queffélec l’a rencontré. Il a même eu l’insigne honneur de naviguer toute une journée avec lui, à l’âge de 14 ans. Eric n’avait pas encore gagné sa première Transat (il s’en fallait de dix ans !), il n’était donc pas encore une vedette internationale, ni même nationale, mais à un niveau local il avait déjà une certaine réputation, du genre : « ce petit jeune ira loin ! ». Et en effet…

Eric Tabarly a tout gagné : la fameuse transat anglaise, nommée Ostar à l’époque, avec Pen Duick II ; le Fastnet (et tant d’autres !) avec Pen Duick III ; Los Angeles-Honolulu avec Pen Duick IV ; la Transpacifique avec Pen Duick V, avec 10 jours d’avance sur le second, si bien qu’à son arrivée personne ne l’attendait ; la transat anglaise pour la deuxième fois avec Pen Duick VI, un ketch conçu pour être manoeuvré par 14 équipiers… costauds ; il a battu le record de traversée de l’Atlantique avec Paul Ricard, détenu par un certain Charlie Barr depuis… 1905 !

A l’instar de la majorité des Français, Yann Queffélec aime et admire Eric Tabarly, et il ne se prive pas de l’écrire. Car plus encore que ses exploits sportifs, c’est le caractère atypique du champion qui étonne, attire, amuse parfois, fascine toujours. Qui n’a pas souri en « entendant » les longs silences d’Eric au cours d’une interview ? Ricané en remarquant le regard inquiet du journaliste télévisé qui honnit les « blancs », dont Tabarly s’était fait une spécialité ? Et qui n’a pas admiré la modestie du bonhomme qui, arrivé en tête d’une course avec plusieurs jours d’avance sur le second, commente sobrement : « Ça s’est bien passé… » ?

Au-delà de son admiration pour le personnage, Yann Queffélec ne se contente pas d’en dépeindre la biographie. Il n’est pas romancier pour rien, même dans ce témoignage-hommage éloigné de ses oeuvres habituelles. Les propos sont lyriques, parfois un peu trop, mais la plupart du temps ils aident bien à appréhender le caractère mystérieux du marin, ne serait-ce que parce que l’auteur est lui aussi breton, et a lui aussi rêvé d’exploits maritimes dans sa prime jeunesse. Mais comme il le précise lui-même, la comparaison s’arrête là. Et pour mieux nous en convaincre, l’auteur entrecoupe sa biographie de récits autobiographiques, mettant en parallèle les exploits de Tabarly et ses propres aventures juvéniles. Effectivement, il n’y a pas photo : autant tout réussissait à Eric, même jeune, autant le futur écrivain avait un don pour attirer sur ses bateaux, ses coéquipiers et lui-même toutes les catastrophes que la mer peut dispenser ! Certaines anecdotes évoquent d’ailleurs plus un film avec Pierre Richard qu’un récit vécu, et ces coupures, un peu irritantes au début, sont finalement bienvenues, dans la mesure où elles tranchent avec l’histoire presque trop idéale des exploits tabarlyens. Presque, puisque, selon la belle expression de Queffélec, le 13 juin 1998, « quelque chose lui arriva… ».

Le « Tabarly » de Yann Queffélec est un superbe hommage, peut-être plus destiné aux lecteurs qui connaissent déjà la carrière d’Eric Tabarly – même superficiellement – qu’à ceux qui souhaiteraient la découvrir. Mais ce livre est à conseiller aux uns et aux autres, dans la mesure où il permet d’appréhender un être vraiment exceptionnel, un des rares sans doute dont la légende n’est pas usurpée.

Echo Park – Michael Connelly

Classé dans : Livres,Polar / thriller — 21 juillet, 2008 @ 11:02

Echo Park - Michael ConnellyParmi toutes les enquêtes – résolues ou non – qu’il a effectuées, il en est une qui obsède particulièrement Harry Bosch : celle qui concerne la jeune Marie Gesto, disparue en 1993 à l’âge de 22 ans. L’inspecteur et son adjoint de l’époque, Jerry Edgar, n’ont retrouvé que sa voiture, abandonnée dans le box du garage d’un building. Sur le siège avant, ses vêtements, soigneusement pliés et empilés, renforcent encore le pessimisme des enquêteurs quant à leurs chances de retrouver la jeune fille saine et sauve…

Pour Harry, une seule évidence : la personne responsable de la disparition de Marie n’a pas choisi ce box au hasard. Le criminel savait qu’il correspondait à un appartement libre, et qu’ainsi la voiture ne serait pas retrouvée immédiatement. L’inspecteur a donc cherché en priorité parmi les gens qui pouvaient avoir connaissance de ce détail, et ses soupçons se sont assez vite portés sur un jeune homme d’une riche famille, ex-fiancé de la dernière locataire. Mais malgré tous ses efforts, Harry n’a jamais trouvé quoi que ce soit de probant à son encontre.

Treize ans plus tard, Bosch n’a pas baissé les bras au sujet de l’affaire Gesto, et ressort régulièrement son dossier pour le compulser en détail, espérant toujours y trouver l’indice qui lui aurait échappé les fois précédentes. Un appel téléphonique d’un de ses confrères fait renaître cet espoir : il a besoin de ce dossier pour le procureur Rick O’Shea, qui travaille sur le cas de Raynard Waits, un serial killer coupable de la mort de neuf personnes, dont sûrement celle de Marie Gesto. Le criminel est prêt à faire des aveux complets et à indiquer l’emplacement où il a enterré ses victimes, en échange d’une peine à perpétuité au lieu de la peine de mort.

Harry assiste à ces aveux qui ne le convainquent qu’à moitié, même quand Waits leur fournit des détails que seule la police connaissait. Même quand il leur propose de les conduire au lieu où il l’a enterrée treize ans plus tôt. Mais l’inspecteur ne s’abuse-t-il pas lui-même ? N’est-il pas aveuglé par le dépit de s’être focalisé pendant toutes ces années sur un seul suspect, au point d’avoir peut-être négligé des indices qu’il avait sous les yeux ?

Echo Park est un polar comme on les aime, avec tous les ingrédients qui nous scotchent à un livre jusqu’à la dernière page : l’enquête est parfaitement construite, avec des rebondissements nombreux mais qui semblent néanmoins réalistes (pas de Deus ex machina chez Connelly), et des personnages principaux auxquels on s’attache de plus en plus à mesure qu’on découvre leur personnalité, ainsi que des bribes de leur passé. Harry Bosch gagne encore en humanité dans ce roman, par son obsession pour ce dossier dont la résolution n’ajouterait rien à sa gloire. S’il s’acharne depuis treize ans à chercher l’assassin de la jeune Marie Gesto, c’est d’abord par empathie pour la jeune fille, mais aussi et surtout pour pouvoir un jour révéler la vérité à ses parents, quelle qu’elle soit, et leur permettre, le cas échéant, de commencer leur travail de deuil.

L’enfance de l’inspecteur est évoquée à plusieurs reprises au cours de l’histoire, procédé qui contribue aussi à humaniser un personnage tout en attendrissant le lecteur – surtout quand cette enfance est aussi peu réjouissante : fils d’une prostituée, Harry a été placé en foyer dès son plus jeune âge ; au moment où sa mère avait enfin décidé de le récupérer, elle s’est fait assassiner. On n’avait pas retrouvé le coupable, avant qu’Harry Bosch lui-même, devenu adulte et policier, reprenne le dossier et résolve le mystère.

Cet opus nous fait le plaisir d’accueillir un personnage déjà connu  – et particulièrement charismatique, qui viendra aider Harry à s’y retrouver dans les méandres du dossier Gesto. On n’en dira pas plus, pour préserver la surprise…

Memento – Christopher Nolan

Classé dans : Films — 17 juillet, 2008 @ 5:53

MementoLeonard Shelby (Guy Pearce) souffre d’une amnésie « antérograde », c’est-à-dire d’une perte de la mémoire courte. Sa maladie est dûe à un drame qui a brisé sa vie : sa femme a été violée et tuée par deux agresseurs. Alors qu’il essayait de lui porter secours, l’un d’eux l’a violemment frappé à la tête. A son réveil, sa femme agonisait, et lui-même sombrait dans le chagrin et la maladie.

Il n’a plus qu’une raison de vivre : retrouver les assassins de sa femme et les tuer. Il mène l’enquête lui-même, mais à grand-peine, en raison de son handicap qui lui fait tout oublier en quelques minutes à peine : ce qu’il voit, entend, les gens qu’il rencontre, les lieux qu’il visite… Dans ces conditions, comment suivre le fil des événements, au cours de cette chasse à l’homme qui serait déjà délicate pour une personne « normale » ?

Leonard a trouvé le truc : il note tout, prend des tonnes de Polaroïds, et s’innonde lui-même de photos et de messages écrits, allant jusqu’à faire tatouer les plus importants d’entre eux sur sa peau. Mais peut-il avoir une totale confiance en ces documents ? Ainsi qu’en Teddy (Joe Pantoliano), son seul ami, qui l’aide dans sa quête ? Et même en ses souvenirs antérieurs à « l’incident », supposés intacts ?

La mémoire est un thème en or pour le cinéma, particulièrement pour les thrillers : quoi de plus troublant que l’impression que la réalité nous échappe, que nos souvenirs nous trahissent ? Les années 2000 ont d’ailleurs largement exploité ce filon, avec des films tels que La mémoire dans la peau (et ses suites), Mémoire effacée, Paycheck, Cypher et tant d’autres… Dans Memento, le sujet est exploité à fond, tant au niveau du fond que de la forme : non content de raconter l’histoire d’un amnésique dont les souvenirs sont – pour le moins – parcellaires, Christopher Nolan a choisi de nous présenter les faits sous forme de courtes scènes elle-mêmes fragmentaires, et dans un ordre… antechronologique.

Faut-il le préciser ?  Memento est un film qui demande beaucoup d’attention de la part du spectateur, particulièrement au cours du premier quart d’heure pendant lequel il se sentira sans doute « largué », avant de comprendre que les scènes se déroulent à l’envers ! Mais très vite le puzzle se met en place, les pièces s’agencent intelligemment, et c’est un régal de comprendre au fur et à mesure telle réplique qui paraissait insensée, telle action qu’on avait interprétée de travers, et surtout de suivre le cheminement de la pensée de cet homme, elle-même tout aussi morcellée et rétroactive. Saluons au passage l’excellente interprétation de Guy Pearce, sobre et expressive à la fois.

Memento est particulièrement réussi, de la première à la dernière minute… et cette formule va au-delà de la simple expression : si la première minute du film nous scotche immédiatement sur notre fauteuil, la dernière nous force à y demeurer un certain temps encore, pour reconstituer mentalement le scénario et mieux en apprécier toutes les ficelles. Un second visionnage – au moins – ne sera sans doute pas de trop pour y parvenir, étant donnée la complexité de l’histoire. Un film à voir et à revoir d’urgence !

Le charme discret de la bourgeoisie – Luis Buñuel

Classé dans : Films — 15 juillet, 2008 @ 1:32

Le charme discret de la bourgeoisieMonsieur et Madame Thévenot (Paul Frankeur et Delphine Seyrig), Florence (Bulle Ogier), la soeur de cette dernière, et Don Rafael (Fernando Rey) sonnent à la porte d’une belle maison d’allure très bourgeoise. Ils sont « reçus » par Alice Sénéchal (Stéphane Audran), qui se déclare stupéfaite de cette visite impromptue. Les Thévenot le sont tout autant : les Sénéchal les avaient pourtant invités à dîner ce soir-là ! Mais non, assure Mme Sénéchal : c’était pour demain soir ! D’ailleurs, Monsieur Sénéchal (Jean-Pierre Cassel) n’est même pas présent ce soir, alors imaginez donc !

Ce quiproquo peu spectaculaire constitue pourtant le fil rouge du Charme discret de la bourgeoisie : tout au long de l’histoire, les six amis tenteront désespérément de manger ensemble, en principe chez les Sénéchal, mais aussi au restaurant, sans succès. Même boire un verre dans un salon de thé leur posera des problèmes insurmontables. Les raisons les plus improbables les empêcheront de se livrer à cette activité on ne peut plus banale : veillée funèbre, rupture de stock de thé et de café, intervention de l’armée, arrestation par la police, attaque à main armée par des terroristes… Entretemps, on aura fait la connaissance d’un évêque reconverti dans le jardinage, d’un lieutenant obsédé par le souvenir de sa mère trop tôt disparue, de trafiquants de drogue d’allure pourtant fort respectable, et surtout de grands rêveurs, dont les rêves se confondent avec le récit « réel »… pour autant que la réalité joue le moindre rôle dans ce film absurde à souhait.

Au-delà des situations rocambolesques, tous les éléments concourent à renforcer l’aspect surréaliste de l’histoire : les dialogues, plats et convenus, semblent tout droit sortis d’une pièce de Ionesco, particulièrement de sa célèbre Cantatrice chauve. Les réflexions les plus banales engendrent au sein du petit groupe un intérêt qui semble disproportionné, voire un fou-rire tout aussi incongru. Le décor lui-même semble faux, parce que « trop vrai », trop cliché, comme celui d’un théâtre qui aurait été créé par un artiste manquant d’imagination. C’est d’ailleurs bien sur la scène d’un théâtre que les personnages se retrouveront tous, à leur insu, au cours d’un de leurs dîners ratés. Mais n’y étaient-ils pas depuis le début ? Où finit le rêve et où commence la réalité, dans cet univers où tous deux s’entrecroisent en permanence ?

Le charme discret de la bourgeoisie est bien sûr une satire sociale grinçante, mais c’est avant tout un chef-d’oeuvre d’humour souvent très noir - la mort y étant omniprésente, sous des formes très diverses. Un régal à redécouvrir d’urgence !

La mort leur va si bien – Peter James

Classé dans : Livres,Polar / thriller — 12 juillet, 2008 @ 12:09

La mort leur va si bien - Peter James

Janie Stretton, jeune stagiaire dans un cabinet d’avocat, sort du travail particulièrement stressée : elle doit amener son chat chez le vétérinaire, et être prête pour son rendez-vous de 20h30, avec un homme qu’elle connaît depuis peu de temps mais qui a beaucoup d’exigences…

Tom Bryce est un chef d’entreprise de 36 ans, marié avec deux petits enfants, dont la vie privée et professionnelle périclite un peu depuis quelque temps. En rentrant en train du travail, comme il le fait tous les jours, il est importuné par son voisin de banquette qui hurle dans son téléphone portable. A l’arrivée du train, le voyageur peu discret quitte les lieux rapidement, et oublie sur place un CD. Tom récupère le disque, et plus tard le visionne chez lui dans l’espoir de retrouver son propriétaire pour le lui rendre. Il va tomber sur un site web qui lui projette une vidéo d’une violence insoutenable. Tom veut croire qu’il ne s’agit que d’une bande-annonce d’un film particulièrement gore, mais il n’arrive pas à s’en convaincre tout à fait.

Le lendemain, au cours d’une promenade matinale, une dame reçoit de son chien une offrande dont elle se serait bien passée : l’animal lui rapporte, bien serrée dans sa gueule… une main. Plus tard, la police trouvera dans le même champ le reste du corps, en pièces détachées, dans un sac poubelle. Presque tout y est : il ne manque que la tête du cadavre. C’est le commissaire Roy Grace qui va mener l’enquête, un commissaire un peu sur la sellette, à la suite de quelques incidents dont la presse a fait ses choux gras. Il n’a désormais plus droit à l’erreur, sous peine de mise au placard…

« La mort leur va si bien » est un excellent thriller, dans la mesure où il remplit parfaitement le « cahier des charges » de ce genre de littérature : on lit le roman d’une traite avec une certaine avidité et beaucoup de plaisir, et il est très difficile de reposer le livre avant de l’avoir fini. Il a aussi les défauts de ce genre : les personnages sont assez superficiels, au point qu’on n’arrive jamais vraiment à ressentir de l’empathie pour le « héros » de l’histoire, Roy Grace, pourtant mis à rude épreuve tout au long du récit. Les personnages secondaires sont aussi trop esquissés et un peu clichés, à l’image de son collègue et ami Glenn Branson, un Noir décontracté et rigolard qui écoute du rap à fond dans sa voiture tout en conduisant comme un fou… On peut aussi reprocher un final spectaculaire mais sans réelle surprise, à l’image de beaucoup de films d’action. L’ensemble du roman évoque d’ailleurs un scénario, sans doute à dessein : quel auteur ne rêve pas de voir son roman adapté au cinéma ?

Un bilan très positif dans l’ensemble pour ce roman, qui remplit parfaitement sa mission : captiver le lecteur de la première à la dernière page, quitte à ne pas laisser un souvenir impérissable par la suite.

Et l’homme créa la femme (Stepford wives)

Classé dans : Films — 7 juillet, 2008 @ 8:43

Et l'homme créa la femme (Stepford's wives)Joanna Eberhart (Nicole Kidman) est une star de la télévision spécialisée dans les émissions de télé-réalité particulièrement trash. Au cours d’un enregistrement public, un jeune homme victime d’un de ses « concepts » tire sur la présentatrice, après avoir laissé quelques victimes derrière lui. Joanna est saine et sauve, mais elle est tenue pour responsable de cet incident, et congédiée séance tenante. A la suite de ce choc, elle tombe dans une profonde dépression.

Son mari Walter (Matthew Broderick) organise alors le déménagement de toute la famille dans la charmante petite ville de Stepford, un lieu de rêve où les maisons sont grandes et belles, où les pelouses sont impeccablement entretenues, et où la criminalité n’existe pas. Autre fait remarquable : les femmes de Stepford sont toutes jolies, sexys, perpétuellement souriantes ; elles ne vivent que pour faire les courses, cuisiner, ranger et nettoyer leur maison, et d’une façon générale pour faire la joie et la fierté de leurs maris respectifs. Ceux-ci passent tous leurs loisirs dans le Club des Hommes de Stepford, auquel ces dames n’ont évidemment pas accès.

Seuls trois habitants de Stepford semblent s’étonner de ce mode de vie d’un autre âge : Joanna elle-même, sa voisine Bobbie (Bette Middler), aussi piètre maîtresse de maison que brillant écrivain, et Roger (Roger Bart), qui vient de s’établir avec son compagnon avec lequel il forme le seul couple homosexuel de la communauté. A force de chercher à comprendre, les trois compères vont trouver des éléments de réponse… à leur détriment bien sûr.

Et l’homme créa la femme est une adaptation du roman Les femmes de Stepford d’Ira Levin, auteur entre autres de Rosemary’s baby (terreur à base de magie noire) et d’Un bonheur insoutenable (politique-fiction dans la veine de 1984). C’est dire que l’univers de ce romancier n’est pas particulièrement bucolique, et Les femmes de Stepford ne fait pas exception à la règle : l’atmosphère du roman est oppressante dès l’emménagement de la famille Eberhart à Stepford, et l’angoisse du lecteur croît avec celle du personnage principal. Rien de tel dans la version cinématographique : le suspens est remplacé par une farce grossière, si bien que le sort des personnages nous indiffère totalement. Par ailleurs, le thème des villes de banlieue américaines, avec leur façade asceptisée et leurs habitants nettement moins brillants, est traité avec une telle grossièreté que l’aspect « critique sociale » tombe complètement à plat. On est loin du film Edward aux mains d’argent ou de la série TV Desperate Housewives, dans lesquels ce thème était évoqué avec bonheur.

Il n’y a donc pas grand-chose à sauver dans ce film, si ce n’est le plaisir de retrouver de bons acteurs, tels Nicole Kidman, Christopher Walken, Bette Midler ou Glenn Close. On remarquera aussi la présence de Roger Bart, qui jouait le rôle du pharmacien amoureux de Bree dans Desperate Housewives. Mais on regrettera aussi que de si bons comédiens se commettent dans de tels navets…

Le contrat – Donald Westlake

Classé dans : Livres,Polar / thriller — 6 juillet, 2008 @ 12:44

Le contrat - Donald WestlakeBryce Proctorr, auteur à succès riche et célèbre, fait des recherches en bibliothèque pour son prochain roman. Plus exactement, il sèche sur ce nouvel opus dont il n’a pas encore écrit une ligne, et pour lequel il n’a même pas une idée exploitable. La source de son inspiration s’est tarie à cause de ses problèmes personnels : il vit un divorce particulièrement pénible, par la faute de son épouse Lucie qui le harcelle par l’intermédiaire de son avocat, dans le but de récupérer un maximum de ses possessions.

Il rencontre Wayne Prentice, lui aussi romancier, mais qui n’a pas connu la même réussite : après avoir publié quelques livres qui se sont vendus modérément, il est en train de couler au niveau commercial. Les deux hommes se sont bien connus vingt ans auparavant, quand tous deux se lançaient dans l’écriture professionnelle. Puis leurs carrières respectives ont tant divergé qu’ils se sont perdus de vue.

Pourtant, les retrouvailles donnent lieu à des confidences réciproques sur leur situation actuelle, peu brillante : Bryce a un éditeur mais pas de manuscrit, Wayne a un manuscrit mais sait qu’il ne trouvera plus d’éditeur, étant donnés ses échecs commerciaux précédents. C’est Bryce qui proposera d’établir le « contrat » suivant : il récupèrera le manuscrit de Wayne et, après l’avoir adapté « à sa sauce » pour ne pas éveiller les soupçons, il le proposera à son propre éditeur, puis partagera avec Wayne l’à-valoir et les droits d’auteur – mirobolants. Seule petite condition supplémentaire, précise Bryce quand Wayne se déclare intéressé par la tractation : son épouse Lucie doit mourir, sinon les deux homme perdront à son profit la moitié des revenus engendrés par « leur » livre. Comment, par qui, quand, il ne veut pas le savoir. Ni intervenir. Mais c’est la condition sine qua non pour que la proposition de Bryce tienne.

Wayne, paisible romancier menant une vie bien calme avec son épouse, va-t-il accepter un marché aussi morbide ? Qu’en penserait sa propre femme – ou qu’en pensera-t-elle, s’il lui en parle ? Et, en admettant qu’il passe à l’acte, quelles seraient les conséquences pour les deux complices ? Notamment sur le plan psychologique ? Et dans quelle mesure cela affecterait-il leur créativité respective ?

Donald Westlake, connu pour son humour noir, traite ces questions d’une manière originale, avec beaucoup de cynisme la plupart du temps : aucun des personnages ne réagit comme on s’y attendrait en se basant sur son mode de vie antérieur, sa position sociale, son honnêteté apparente… La notion de « gentils » et de « méchants » n’existe pas chez cet auteur, chacun de ses personnages se révèlant beaucoup plus complexe qu’il n’y paraissait, et rarement à son avantage du point de vue de la morale… Ce parti pris donne lieu à des scènes étranges, très décalées, qui suscitent souvent un mélange de fou-rire et de malaise assez troublant.

L’immersion dans le monde peu connu des écrivains, des éditeurs et de la création littéraire constitue un autre aspect très intéressant de ce roman : là encore, rien n’est acquis, toute situation peut évoluer en très peu de temps, en bien ou en mal pour l’auteur qui, simple rouage dans un engrenage qu’il ne maîtrise pas, ne peut jamais se reposer sur ses lauriers. Quels que soient les rapports qui l’unissent à son éditeur, il doit produire, et « marcher » au niveau commercial, notion de moins en moins subjective dans un monde où l’ordinateur est devenu la référence suprême – et la plus dénuée d’états d’âme, naturellement. Et dans ce cadre, il doit faire abstraction des aléas de sa vie privée, aussi tragiques soient-ils, et rester créatif coûte que coûte.

Le contrat est un roman troublant, dont on a du mal à dire, une fois les dernière pages lues – et surtout les dernières lignes ! – s’il est humoristique ou angoissant, tant on est partagé entre rire et malaise tout au long de sa lecture. Un excellent roman, en tout cas, qui donne envie de découvrir les différentes facettes de Donald Westlake, surtout connu pour sa série avec John Dortmunder, un cambrioleur plus proche de Pierre Richard que d’Arsène Lupin, et « aidé » par des complices tout aussi peu dégourdis… Mais dans un registre plus cynique, rappelons que Westlake est aussi l’auteur du Couperet, adapté au cinéma avec José Garcia dans le rôle principal. Quant au Contrat, il a changé de titre dans sa version cinématographique, pour devenir Je suis un assassin, avec François Cluzet et Bernard Giraudeau dans les rôles principaux.

Los Angeles River – Michael Connelly

Classé dans : Livres,Polar / thriller — 4 juillet, 2008 @ 1:55

Los Angeles RiverAvertissement :

Los Angeles River fait suite à trois autres romans de Michael Connelly : Le poèteCréance de sang et L’oiseau des ténèbres. Bien que l’histoire soit compréhensible indépendamment grâce aux fréquents retours en arrière distillés tout au long du récit, il est vivement conseillé d’avoir lu au moins Le poète avant d’entamer la lecture de Los Angeles River

D’autre part, ce billet s’adresse aux lecteurs qui connaissent déjà l’identité du Poète, révélée à la fin du roman éponyme. Si vous n’en faites pas partie, ne lisez surtout pas ce qui suit ! Pour vous informer sur les romans de Michael Connelly, je vous recommande les pages consacrées à cet auteur sur l’excellent site Pol’Art noir.

Terry McCaleb, le héros de Créance de sang et de L’oiseau des ténèbres, a succombé à une crise cardiaque. Rien de foncièrement étonnant pour cet ancien agent du FBI, qui vivait avec un coeur greffé depuis six ans. Mais Graciela, sa veuve, ne croit pas à la thèse de la mort naturelle : elle s’est aperçue que deux des médicaments indispensables à la survie de son mari avaient été remplacés par des placébos, à l’insu du malade qui bien malgré lui avait cessé de se soigner dans les jours précédant sa mort. Craignant l’interprétation que la police pourrait faire d’une telle révélation – en tant que veuve au bénéfice d’une assurance-vie, elle serait la suspecte idéale – elle demande à Harry Bosch, devenu détective privé, d’enquêter sur le décès de son ex-collègue et ami .

Parallèlement, Rachel Walling, une agente du FBI exilée dans le Dakota du Sud, reçoit l’appel téléphonique qu’elle redoute depuis des années : le Poète, le célèbre serial killer, est de retour. Pire encore, il s’est adressé à elle d’une façon particulièrement macabre, en envoyant au FBI un lecteur GPS qui indiquait l’emplacement d’un charnier en plein désert de Mojave, sur la frontière entre la Californie et le Névada. Sur l’écran de l’appareil, un message laconique : « Hello Rachel ». Comme si Robert Backus, son ancien mentor au Bureau, celui qui l’avait formée au dur métier d’agente du FBI, voulait lui montrer qu’il était non seulement bien vivant, mais en pleine forme… Et qu’il ne l’avait pas oubliée depuis cette fameuse nuit où la jeune femme, aidée du journaliste Jack McEvoy, avait reconnu en lui ce Poète que le FBI traquait sans relâche, et lui avait tiré dessus, le laissant pour mort dans les égoûts de Los Angeles.

Ce roman célèbre la rencontre de plusieurs « héros » particulièrement marquants de l’oeuvre de Michael Connelly : le Poète, ex-agent du FBI menant une double vie de serial killer ; Harry Bosch, ex-flic tête brûlée devenu détective privé ; Rachel Walling, jeune agente du FBI promise à une brillante carrière et placée sur une voie de garage pour avoir fauté avec un journaliste ; et l’ombre de Terry McCaleb, ex-agent du FBI forcé d’arrêter ses activités professionnelles pour raisons de santé, jusqu’à ce cette dernière le trahisse une dernière fois. Ces personnages aux multiples facettes vont se télescoper avec une intensité proportionnelle à leur caractère respectif « bien trempé » – et c’est un doux euphémisme…

Heureusement, ce déferlement de « stars » n’apauvrit pas l’histoire elle-même : l’intrigue est riche, parfaitement construite – à partir de deux points de départ en apprence très éloignés l’un de l’autre – et le rythme est rapide, presque à l’excès parfois : ce roman évoque peut-être un peu trop un scénario de film, d’autant que l’auteur s’amuse beaucoup avec son personnage de Terry McCaleb incarné par Clint Eastwood dans la version cinématographique de Créance de sang. Entre deux évocations morbides, les commentaires des protagonistes sur leur personnage respectif constituent une bouffée d’oxygène : « Je suis infirmière, dit [Graciela]. Je ne sais pas si vous l’avez vu, mais dans le film ils m’ont transformée en serveuse. Ce n’est pas bien. » Buddy, l’associé de Terry, n’apprécie pas plus son alter ego, et se plaint « de la façon dont on l’avait représenté dans le film ». Clint Eastwood lui-même n’est pas épargné, lui qui « avait joué le rôle de Terry bien qu’il eût quelques dizaines d’années de plus que lui. » Mais de toute façon, « le film n’avait connu qu’un succès relatif », comme le souligne malicieusement le narrateur Harry Bosch, qui présente le long-métrage comme l’adaptation d’un fait divers et non d’un roman.

Un roman qui se dévore comme un excellent thriller, sans doute moins subtil au niveau psychologique que ses prédécesseurs Le poète ou Créance de sang, mais tout aussi haletant et jubilatoire.

Les charmes discrets de la vie conjugale – Douglas Kennedy

Classé dans : Littérature générale,Livres — 28 juin, 2008 @ 6:39

Les charmes discrets de la vie conjugaleHannah n’a que 15 ans quand son père est arrêté et brièvement incarcéré pour ses activités militantes contre la guerre du Vietnam, incident qui le rend célèbre du jour au lendemain. Et elle n’a que 19 ans quand elle rencontre Dan, son futur mari, à l’université où elle étudie. Contrairement à son père, elle n’a aucun goût pour la contestation sociale et politique : épouser son bel étudiant en médecine constitue son idéal de vie, au grand dam de son artiste de mère qui lui reproche amèrement son conformisme.

Comme prévu, Hannah va épouser Dan et s’efforcer d’être avant tout une bonne épouse, puis une bonne mère, souvent au détriment de ses aspirations personnelles. Les diverses concessions qu’elle sera amenée à faire lui porteront préjudice à plus d’un titre : mépris de sa mère, doutes existentiels et mélancolie chronique seront le lot quotiden de la jeune femme. Jusqu’au jour où elle se laisse aller à une unique incartade dont les conséquences, effrayantes sur le moment, se révèleront plus légères que prévu. Mais l’effet boomerang sera d’autant plus spectaculaire qu’il aura pris tout son temps pour se manifester… 

Les 200 premières pages de ce roman sont consacrées à la présentation des personnages, puis à une chronique douce-amère de leur quotidien familial et professionnel. Le premier événement vraiment « romanesque » survient au moment où le lecteur, résigné ou exaspéré –  selon son tempérament -, ne l’attendait même plus. On peut en effet reprocher à Douglas Kennedy une entrée en matière exagérément longue, même si l’abondance des informations fournies dans la première partie nous aide par la suite à comprendre les agissements des protagonistes, et plus particulièrement celui d’Hannah. Mais l’action retombe très vite après cet épisode, et on devra encore faire preuve d’un peu de patience avant que l’histoire explose en un crescendo spectaculaire, d’autant plus impressionnant qu’on avait fini par s’habituer à ce rythme « plan-plan » !

Malgré les apparences, on ne s’ennuie jamais vraiment en lisant ce roman, même si on est parfois agacé par sa lenteur : l’auteur a assez de talent pour maintenir notre attention en toutes circonstances, quel que soit l’événement – ou le non-événement – qu’il nous raconte par la  »voix » de sa narratrice Hannah. Mais l’intérêt principal de ce récit qui recouvre plusieurs décennies réside surtout dans le fait qu’à travers la famille Buchan, on assiste à l’évolution de la société américaine de la fin des années 60 aux années 2000. Sur un plan historique et politique, bien sûr, de la guerre du Vietnam aux années « Patriot Act » générées par les attentats du 11 septembre ; mais aussi sur le plan des mentalités, dans une société qui hésite entre conservatisme et désir de s’émanciper.

Un des aspects les plus réussis du roman est l’évocation du conflit des générations « à l’envers » auquel Hannah et ses parents sont confrontés : coincée entre un père célèbre pour ses prises de position contestataires et par une mère artiste peintre renommée pour son audace artistique, la rebellion de la jeune fille consiste à adopter un comportement désespérément classique. Hannah elle-même le reconnaît en ces termes : « Mes parents ne m’ont jamais imposé d’heures limites, ne m’ont jamais dit comment je devais m’habiller, n’ont jamais été après moi pour que je range ma chambre, mais il est vrai que je rentrais assez tôt, que le style hippie ne me disait rien, et que mes quartiers étaient bien plus en ordre que les leurs. » Quelques décennies plus tard, elle-même aura du mal à comprendre ses propres enfants, trop conformes aux idées engendrées par leur époque pour son goût.

« Les charmes discrets de la vie conjugale » est un bon roman dans l’ensemble qui, malgré ses défauts liés au rythme de la narration, laisse un souvenir suffisamment positif pour donner envie de découvrir le reste de l’oeuvre de Douglas Kennedy. Ceci n’est sans doute pas le dernier billet consacré à cet auteur !

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