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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Archive pour la catégorie 'Livres'

Los Angeles River – Michael Connelly

Posté : 4 juillet, 2008 @ 1:55 dans Livres, Polar / thriller | Pas de commentaires »

Los Angeles RiverAvertissement :

Los Angeles River fait suite à trois autres romans de Michael Connelly : Le poèteCréance de sang et L’oiseau des ténèbres. Bien que l’histoire soit compréhensible indépendamment grâce aux fréquents retours en arrière distillés tout au long du récit, il est vivement conseillé d’avoir lu au moins Le poète avant d’entamer la lecture de Los Angeles River

D’autre part, ce billet s’adresse aux lecteurs qui connaissent déjà l’identité du Poète, révélée à la fin du roman éponyme. Si vous n’en faites pas partie, ne lisez surtout pas ce qui suit ! Pour vous informer sur les romans de Michael Connelly, je vous recommande les pages consacrées à cet auteur sur l’excellent site Pol’Art noir.

Terry McCaleb, le héros de Créance de sang et de L’oiseau des ténèbres, a succombé à une crise cardiaque. Rien de foncièrement étonnant pour cet ancien agent du FBI, qui vivait avec un coeur greffé depuis six ans. Mais Graciela, sa veuve, ne croit pas à la thèse de la mort naturelle : elle s’est aperçue que deux des médicaments indispensables à la survie de son mari avaient été remplacés par des placébos, à l’insu du malade qui bien malgré lui avait cessé de se soigner dans les jours précédant sa mort. Craignant l’interprétation que la police pourrait faire d’une telle révélation – en tant que veuve au bénéfice d’une assurance-vie, elle serait la suspecte idéale – elle demande à Harry Bosch, devenu détective privé, d’enquêter sur le décès de son ex-collègue et ami .

Parallèlement, Rachel Walling, une agente du FBI exilée dans le Dakota du Sud, reçoit l’appel téléphonique qu’elle redoute depuis des années : le Poète, le célèbre serial killer, est de retour. Pire encore, il s’est adressé à elle d’une façon particulièrement macabre, en envoyant au FBI un lecteur GPS qui indiquait l’emplacement d’un charnier en plein désert de Mojave, sur la frontière entre la Californie et le Névada. Sur l’écran de l’appareil, un message laconique : « Hello Rachel ». Comme si Robert Backus, son ancien mentor au Bureau, celui qui l’avait formée au dur métier d’agente du FBI, voulait lui montrer qu’il était non seulement bien vivant, mais en pleine forme… Et qu’il ne l’avait pas oubliée depuis cette fameuse nuit où la jeune femme, aidée du journaliste Jack McEvoy, avait reconnu en lui ce Poète que le FBI traquait sans relâche, et lui avait tiré dessus, le laissant pour mort dans les égoûts de Los Angeles.

Ce roman célèbre la rencontre de plusieurs « héros » particulièrement marquants de l’oeuvre de Michael Connelly : le Poète, ex-agent du FBI menant une double vie de serial killer ; Harry Bosch, ex-flic tête brûlée devenu détective privé ; Rachel Walling, jeune agente du FBI promise à une brillante carrière et placée sur une voie de garage pour avoir fauté avec un journaliste ; et l’ombre de Terry McCaleb, ex-agent du FBI forcé d’arrêter ses activités professionnelles pour raisons de santé, jusqu’à ce cette dernière le trahisse une dernière fois. Ces personnages aux multiples facettes vont se télescoper avec une intensité proportionnelle à leur caractère respectif « bien trempé » – et c’est un doux euphémisme…

Heureusement, ce déferlement de « stars » n’apauvrit pas l’histoire elle-même : l’intrigue est riche, parfaitement construite – à partir de deux points de départ en apprence très éloignés l’un de l’autre – et le rythme est rapide, presque à l’excès parfois : ce roman évoque peut-être un peu trop un scénario de film, d’autant que l’auteur s’amuse beaucoup avec son personnage de Terry McCaleb incarné par Clint Eastwood dans la version cinématographique de Créance de sang. Entre deux évocations morbides, les commentaires des protagonistes sur leur personnage respectif constituent une bouffée d’oxygène : « Je suis infirmière, dit [Graciela]. Je ne sais pas si vous l’avez vu, mais dans le film ils m’ont transformée en serveuse. Ce n’est pas bien. » Buddy, l’associé de Terry, n’apprécie pas plus son alter ego, et se plaint « de la façon dont on l’avait représenté dans le film ». Clint Eastwood lui-même n’est pas épargné, lui qui « avait joué le rôle de Terry bien qu’il eût quelques dizaines d’années de plus que lui. » Mais de toute façon, « le film n’avait connu qu’un succès relatif », comme le souligne malicieusement le narrateur Harry Bosch, qui présente le long-métrage comme l’adaptation d’un fait divers et non d’un roman.

Un roman qui se dévore comme un excellent thriller, sans doute moins subtil au niveau psychologique que ses prédécesseurs Le poète ou Créance de sang, mais tout aussi haletant et jubilatoire.

Les charmes discrets de la vie conjugale – Douglas Kennedy

Posté : 28 juin, 2008 @ 6:39 dans Littérature générale, Livres | 1 commentaire »

Les charmes discrets de la vie conjugaleHannah n’a que 15 ans quand son père est arrêté et brièvement incarcéré pour ses activités militantes contre la guerre du Vietnam, incident qui le rend célèbre du jour au lendemain. Et elle n’a que 19 ans quand elle rencontre Dan, son futur mari, à l’université où elle étudie. Contrairement à son père, elle n’a aucun goût pour la contestation sociale et politique : épouser son bel étudiant en médecine constitue son idéal de vie, au grand dam de son artiste de mère qui lui reproche amèrement son conformisme.

Comme prévu, Hannah va épouser Dan et s’efforcer d’être avant tout une bonne épouse, puis une bonne mère, souvent au détriment de ses aspirations personnelles. Les diverses concessions qu’elle sera amenée à faire lui porteront préjudice à plus d’un titre : mépris de sa mère, doutes existentiels et mélancolie chronique seront le lot quotiden de la jeune femme. Jusqu’au jour où elle se laisse aller à une unique incartade dont les conséquences, effrayantes sur le moment, se révèleront plus légères que prévu. Mais l’effet boomerang sera d’autant plus spectaculaire qu’il aura pris tout son temps pour se manifester… 

Les 200 premières pages de ce roman sont consacrées à la présentation des personnages, puis à une chronique douce-amère de leur quotidien familial et professionnel. Le premier événement vraiment « romanesque » survient au moment où le lecteur, résigné ou exaspéré –  selon son tempérament -, ne l’attendait même plus. On peut en effet reprocher à Douglas Kennedy une entrée en matière exagérément longue, même si l’abondance des informations fournies dans la première partie nous aide par la suite à comprendre les agissements des protagonistes, et plus particulièrement celui d’Hannah. Mais l’action retombe très vite après cet épisode, et on devra encore faire preuve d’un peu de patience avant que l’histoire explose en un crescendo spectaculaire, d’autant plus impressionnant qu’on avait fini par s’habituer à ce rythme « plan-plan » !

Malgré les apparences, on ne s’ennuie jamais vraiment en lisant ce roman, même si on est parfois agacé par sa lenteur : l’auteur a assez de talent pour maintenir notre attention en toutes circonstances, quel que soit l’événement – ou le non-événement – qu’il nous raconte par la  »voix » de sa narratrice Hannah. Mais l’intérêt principal de ce récit qui recouvre plusieurs décennies réside surtout dans le fait qu’à travers la famille Buchan, on assiste à l’évolution de la société américaine de la fin des années 60 aux années 2000. Sur un plan historique et politique, bien sûr, de la guerre du Vietnam aux années « Patriot Act » générées par les attentats du 11 septembre ; mais aussi sur le plan des mentalités, dans une société qui hésite entre conservatisme et désir de s’émanciper.

Un des aspects les plus réussis du roman est l’évocation du conflit des générations « à l’envers » auquel Hannah et ses parents sont confrontés : coincée entre un père célèbre pour ses prises de position contestataires et par une mère artiste peintre renommée pour son audace artistique, la rebellion de la jeune fille consiste à adopter un comportement désespérément classique. Hannah elle-même le reconnaît en ces termes : « Mes parents ne m’ont jamais imposé d’heures limites, ne m’ont jamais dit comment je devais m’habiller, n’ont jamais été après moi pour que je range ma chambre, mais il est vrai que je rentrais assez tôt, que le style hippie ne me disait rien, et que mes quartiers étaient bien plus en ordre que les leurs. » Quelques décennies plus tard, elle-même aura du mal à comprendre ses propres enfants, trop conformes aux idées engendrées par leur époque pour son goût.

« Les charmes discrets de la vie conjugale » est un bon roman dans l’ensemble qui, malgré ses défauts liés au rythme de la narration, laisse un souvenir suffisamment positif pour donner envie de découvrir le reste de l’oeuvre de Douglas Kennedy. Ceci n’est sans doute pas le dernier billet consacré à cet auteur !

Une histoire de fous – John Katzenbach

Posté : 20 juin, 2008 @ 4:39 dans Livres, Polar / thriller | 2 commentaires »

Couverture Une histoire de fousA l’âge de 21 ans, Francis Petrel a été interné dans un hôpital psychiatrique, après avoir menacé physiquement sa famille au cours d’une crise d’hystérie sans doute inspirée par les voix qu’il entend depuis sa naissance.

L’hôpital « Western State » est un établissement à l’ancienne, avec des dortoirs de plusieurs dizaines de lits qui ne laissent aucune place à l’intimité, et dans lequel chaque malade doit supporter les névroses et psychoses de ses congénères en plus des siennes propres. C’est dans ce contexte angoissant que Francis, très vite rebaptisé C-Bird, a rencontré Peter le Pompier – ancien pompier pyromane – Napoléon et Cléo, qui se prennent respectivement pour l’empereur français et la reine d’Egypte Cléopatre, les aides-soignants Big Black et Little Black, et quelques médecins qui ne semblaient pas beaucoup plus « nets » que certains de leurs patients.

Et c’est dans ce contexte déjà très trouble qu’un meurtre particulièrement horrible a été commis, sur une élève infirmière. Un des patients, surnommé l’Efflanqué, a immédiatement été reconnu coupable et arrêté. Mais l’intervention d’une jeune adjointe du procureur de l’Etat, Lucy Jones, a relancé l’enquête : peu convaincue par la culpabilité de l’Efflanqué, elle a tout repris a zéro avec l’aide, entre autres, de Francis et Peter le Pompier. Cette collaboration improbable a donné lieu à des événements qui ont marqué en profondeur chacun des protagonistes – « fou » ou « sain d’esprit »…

Vingt ans après, Francis vit seul dans un appartement, libre. Officiellement, du moins : en fait, il est étroitement surveillé par les services sociaux, et contraint de prendre quotidiennement une quantité impressionnante de médicaments. Mais il n’entend plus de voix, et il semble dans l’ensemble aller beaucoup mieux. Pourtant, une courte visite à l’hôpital « Western State », fermé depuis plusieurs années, va réveiller des démons qu’il croyait soigneusement enfouis…

Ce roman de John Katzenbach n’est pas le premier qui ait pour cadre un hôpital psychiatrique, loin de là : tout le monde a lu ou vu, entre autres,  »Vol au-dessus d’un nid de coucous », peut-être l’oeuvre la plus célèbre sur ce thème délicat. Mais l’originalité d’ »Une histoire de fous » réside dans le fait qu’elle est racontée par un « fou » parfaitement conscient de son état, mais doté d’une intelligence et d’un sens de l’observation qui lui seront bien utiles au cours de l’enquête qu’il va mener avec des gens « normaux ». Tout au long du roman, il y aura un aller-retour constant entre les agissements finalement assez sains du narrateur, et sa lutte intérieure pour ne pas sombrer dans une folie totale, malgré les agressions de toutes sortes dont il est victime. De même, on assistera à un aller-retour entre le Francis de 21 ans qui vit ces événements « en direct » et le quadragénaire dont le quotidien semble bien calme en comparaison. Mais les souvenirs sont vivaces, et comportent peut-être plus de dangers pour sa santé que ceux, beaucoup plus concrets, contre lesquels il a lutté vingt ans auparavant…

Bizarrement, « Une histoire de fous » est à la fois palpitant et… un peu ennuyeux. Palpitant, grâce à l’histoire elle-même, mélange de roman à énigme et de thriller, avec bien sûr une composante psychologique très marquée. Le principe de la narration sur deux époques distantes de vingt ans crée des ruptures dans le récit qui aident le lecteur à rebondir d’un chapitre à l’autre. Mais le roman traîne en longueur : les 750 pages ne se justifient pas. La lenteur du récit est souvent décourageante, mais on continue parce qu’on a envie de savoir le fin mot de l’histoire ; d’autant que l’auteur, en bon page-turner, sait « scotcher » son lecteur. Mais il ne peut l’empêcher de s’impatienter, et à juste titre quand, arrivé à la fin, celui-ci constate que le roman pourrait aisément être réduit de moitié sans que l’histoire n’en patisse – bien au contraire.

Un bon roman donc, qu’on ne regrette pas d’avoir lu. Mais du même auteur, on préfèrera L’analyste, tout aussi long mais beaucoup plus dense, qui ne donne pas cette impression d’étirement un peu artificiel. Et on attendra avec impatience de lire Faux coupable, le dernier opus de John Katzenbach !

Je l’aimais – Anna Gavalda

Posté : 18 juin, 2008 @ 10:17 dans Littérature générale, Livres | 3 commentaires »

gavalda.jpgAdrien est parti avec « une autre », laissant sa femme Chloé et leurs deux petites filles seules et désespérées. Les parents d’Adrien semblent tout aussi malheureux pour elles, et sans doute un peu confus de l’attitude de leur fils. Devant le  désarroi de sa belle-fille, Pierre décide de l’emmener avec ses enfants dans leur maison familiale, pour leur éviter de reprendre tout de suite contact avec la réalité, dans un quotidien parisien qui, désormais, se passera sans « lui ».

Isolé avec sa belle-fille et ses petites-filles, Pierre, habituellement bougon et taciturne, se met enfin à parler. D’abord pour aider Chloé à se confier, pour la consoler, parfois la houspiller un peu. Puis pour se confier lui-même. Le mutique devient rapidement moulin à paroles, et se révèlera sous un jour très différent de celui sous lequel sa famille croyait le connaître.

Ce roman se lit d’une traite, et pas seulement parce qu’il est court (150 pages écrites en gros caractères). L’histoire est linéaire, respectant presque l’unité de temps, de lieu et d’action, si on excepte les toutes premières pages. La forme, constituée essentiellement de dialogues, facilite la lecture et pousse le lecteur à progresser d’une façon continue.

D’autre part, ce huis-clos entre deux personnes qui n’avaient jusque là jamais eu de vrai contact est très prenant. On se doute dès le début que sous l’aspect monolithique de Pierre se cache une personnalité beaucoup plus intéressante qu’il n’y paraît, et on a envie de le découvrir peu à peu, au gré de ses confidences. Et on n’est pas déçu : si son « secret » est finalement assez banal, il s’intègre parfaitement dans le contexte ambiant, et apporte un éclairage fort différent sur le drame familial que vivent Chloé et ses enfants.

Je l’aimais constitue donc une lecture très agréable, parfois enrichissante et jamais ennuyeuse.

L’homme programmé – Robert Silverberg

Posté : 18 juin, 2008 @ 10:12 dans Livres, Science-fiction | Pas de commentaires »

L'homme programméPar une belle journée de mai 2011, Paul Macy marche dans la rue, dont il trouve la consistance bizarre sous ses pieds. Non, il n’est pas saoul, ni drogué : il sort d’un séjour de quatre ans au Centre de Réhabilitation, au cours desquels on a entièrement effacé sa personnalité pour lui en forger une toute nouvelle. Il est une sorte de nouveau-né trentenaire, qui doit réapprendre à effectuer correctement les gestes les plus simples de la vie.

Au cours de sa vie précédente, il s’appelait Nat Hamlin. Il était un des plus grands artistes de son époque, au point qu’au Metropolitan Museum de New York, une salle entière lui est consacrée. Mais Nat était aussi et surtout un violeur en série. Dans les années 2000 – soit 30 ans dans le futur au moment où Silverberg a écrit ce roman ! – la condamnation à mort telle que nous la connaissons n’existe plus : on considère qu’il est inadmissible de tuer un corps sain, alors on se contente d’éliminer la personnalité du criminel, et de lui insuffler une nouvelle personnalité, avec un passé et des souvenirs créés de toutes pièces mais officialisés par les bons soins du Centre qui, décidément, pense à tout. Ou presque.

Paul Macy n’a pas de chance. Il n’est libéré que depuis quelques heures quand il est abordé par une jeune femme du nom de Lissa Moore, qui a très bien connu Nat Hamlin : elle a été son égérie et sa maîtresse. Malgré l’insigne de la Rehab épinglé à la veste de Paul, censé avertir la population que son détenteur vient d’être réhabilité et que son ancienne personnalité est morte, Lissa l’appelle par son ancien nom et, malgré ses dénégations, lui parle comme si Paul était resté le même.

Cette confusion gênante en provoquera une autre, beaucoup plus grave, dans l’esprit de Paul, en faisant ressurgir Nat, « armé » de tous ses anciens défauts. Mais l’artiste maudit est-il vraiment revenu, ou ne s’agit-il que de la conscience de Paul qui ne lui laisse pas de repos ?

Ce roman a tous les ingrédients pour être passionnant : troubles de la personnalités, dualité entre « le bon » et « le mauvais » qui est en chacun de nous, débat sur ce qu’est la valeur humaine – artiste génial mais pervers et destructeur vs. brave homme bienveillant sans aucun talent particulier, histoire d’amour catastrophique qui repart sur des bases plus saines, société « humaniste » où on donne une deuxième chance à un homme en le reformatant… Pourtant, ce n’est qu’une semi-réussite, dans la mesure où il est assez inégal. Si certaines scènes sont très fortes – particulièrement celles qui voient l’ancienne et la nouvelle personnalité de Paul se confronter, parfois avec beaucoup de violence, parfois presque avec amitié – il en est d’autres qui fleurent tellement les seventies, date du roman lui-même, qu’on n’arrive vraiment plus à se croire en 2011 – c’est le cas notamment des scènes de sexe, assez nombreuses, et dans l’ensemble de tout ce qui concerne les rapports homme-femme.

Mais la structure du roman fait qu’on ne s’ennuie jamais vraiment, quelle que soit la qualité du passage qu’on est en train de lire : les scènes sont assez courtes et bien alternées entre action et considérations plus psychologiques, si bien que le roman laisse un bon souvenir dans l’ensemble.

Du même auteur, on préfèrera quand même L’oreille interne, Les masques du temps, Jusqu’aux portes de la vie, La porte des mondes, Les déportés du Cambrien, Les déserteurs temporels, Les temps parallèles… liste subjective et non exhaustive bien sûr !

Le syndrôme Copernic – Henri Loevenbruck

Posté : 18 juin, 2008 @ 9:58 dans Livres, Polar / thriller | 3 commentaires »

syndromecopernic.jpg« Mon nom est Vigo Ravel, j’ai trente-six ans et je suis schizophrène. Du moins, c’est ce que j’ai toujours cru ».

Cette courte présentation du personnage principal par lui-même résume à elle seule l’essentiel du roman. Avant cette formule lapidaire, un prologue particulièrement mouvementé nous a fait entrer de plain-pied dans le vif du sujet : un attentat a eu lieu dans la tour SEAM de la Défense. Officiellement, le nombre de survivants, parmi ceux qui se trouvaient dans la tour ce matin-là, s’élève à… zéro.

Pourtant, Vigo Ravel a survécu. Quelques secondes avant l’impact, il attendait l’ascenseur qui devait le mener au 44ème étage de la tour, vers le centre médical où, comme tous les lundis, il avait rendez-vous avec son psychiatre, le docteur Guillaume. Mais les voix intérieures qui perturbent sa vie depuis des années l’ont averti qu’il devait quitter les lieux au plus vite. Il ne s’est pas fait prier, et s’en est tiré avec quelques blessures superficielles dues au souffle de l’explosion.

Le roman démarre comme un film d’action à gros budget, d’autant que l’attentat évoque irrésistiblement ceux du 11 septembre 2001. Après un prologue haletant, l’auto-présentation de Vigo intrigue, intéresse, puis passionne quand le lecteur prend conscience que son « cas » semble être (encore) plus complexe qu’une « simple » maladie mentale.

Mais le roman s’embourbe assez vite dans ses histoires secondaires – amour-passion, amitié virile, découverte de soi dans un contexte de crise – et dans des clichés cent fois rebattus dans tous les thrillers littéraires ou cinématographiques, au point qu’après une centaine de pages le lecteur a plus l’impression de voir défiler une série B du type « TF1-le-dimanche-en-prime-time » que de vivre vraiment les péripéties des personnages – sans même parler d’y croire…

Une impression mitigée, donc, pour ce roman dont l’intrigue devrait être haletante, et dont au contraire on se désintéresse progressivement, jusqu’à donner franchement à sourire à la fin – à l’insu de son auteur, sans doute.

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