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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Archive pour la catégorie 'Jeunesse'

Chroniques de la fin du monde (trilogie) – Susan Beth Pfeffer

Posté : 12 août, 2013 @ 1:06 dans Jeunesse, Livres, Science-fiction | 4 commentaires »

Tome 1 : Au commencement

Chroniques de la fin du monde (trilogie) - Susan Beth Pfeffer dans Jeunesse chroniques_fin_monde_11-184x300Quatrième de couverture :

Enfin c’est le grand soir : l’astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L’impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s’est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle… L’électricité puis l’eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu’ils la connaissaient a disparu à jamais.

 

Tome 2 : L’exil

chroniques_fin_monde_21-187x300 dans LivresQuatrième de couverture :

Lorsqu’un astéroïde percute violemment la Lune, semant le chaos dans le monde entier, Alex Morales se retrouve seul avec ses deux soeurs. Il n’a pas dix-huit ans et doit se débrouiller dans New York, envahie par les flots.

Pour chercher ses parents disparus, trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, et simplement pour survivre, Alex sera amené à faire des choix qui changeront son destin à jamais.

 

Tome 3 : Les survivants

chroniques_fin_monde_31-189x300 dans Science-fictionQuatrième de couverture :

Cela fait maintenant un an qu’un astéroïde a percuté la Lune et provoqué un bouleversement climatique sans précédent.Dans un monde ou tout s’écroule, Miranda tombe pourtant éperdument amoureuse d’Alex, qu’elle vient de rencontrer. Mais une terrible tornade approche : les deux jeunes gens parviendront-ils à s’aimer dans un tel chaos ? Leurs destins sont en suspens…

 

Ma critique :

J’ai choisi de traiter ces trois volumes ensemble en raison de l’homogénéité de cette trilogie : chacun des trois tomes peut être considéré comme un « livre » au sens où on l’entend dans la littérature classique, c’est-à-dire « partie » ou « gros chapitre » (Livres I, II et III).

Tout commence par un événement astronomique qui, d’après les médias, promettait d’être intéressant, spectaculaire et… sans danger : la collision d’un astéroïde contre la Lune. La catastrophe qui en résulte choque d’autant plus les protagonistes – et les lecteurs – que les heures qui la précèdent baignent dans une atmosphère bon enfant : au début du premier tome (Au commencement), les voisins de Miranda, la jeune narratrice, se réunissent pour profiter à l’unisson du spectacle. Mais celui-ci se transforme en cauchemar quand la force de l’impact fait sortir la Lune de son orbite. Elle se rapproche alors sensiblement de la Terre, avant de se stabiliser. Ce ne sera pas le cas de notre planète qui, elle, va se trouver complètement déstabilisée par l’attraction lunaire désormais beaucoup plus forte qui produira des catastrophes en chaîne.

A partir de cet événement très science-fictionnesque, on va suivre deux familles dans leur quotidien respectif : celle de Miranda, 16 ans, lycéenne d’une petite ville de Pennsylvannie (Au commencement) ; et celle d’Alex, 17 ans, lycéen aussi, qui habite à New-York (L’exil). Les deux premiers romans commencent pratiquement au même moment, peu de temps avant la collision fatale.

Si les deux adolescents vont être confrontés au même drame de départ avec des conséquences identiques – qu’ils partageront avec le reste de l’humanité – leur condition familiale n’est pas la même : Miranda gardera son statut d’adolescente vis-à-vis de sa mère et son frère aîné, tandis qu’Alex, dont les parents ont disparu, devra endosser brutalement les responsabilités d’un chef de famille auprès de ses deux sœurs cadettes, respectivement âgées de 12 et 14 ans. Leur environnement géographique respectif, différent lui aussi, génèrera des problèmes distincts même s’ils doivent faire face au même genre de catastrophes : famine, épidémies, et autres réjouissances… Au niveau formel, après avoir « vécu » la période post-apocalyptique à travers le journal intime de Miranda – avec tout ce qu’il comporte de réflexions caractéristiques de son âge, parfois en décalage avec la gravité de la situation – on suit Alex d’une façon plus classique : son histoire est racontée par un narrateur extérieur. On n’en ressent pas moins d’empathie pour le jeune homme, dont le sort semble encore moins enviable que celui de Miranda…

Ces nuances constituent une partie de l’intérêt de ces deux romans : on ne peut s’empêcher de comparer les deux jeunes gens, leurs réactions parfois extrêmes aux situations tout aussi extrêmes qu’ils sont amenés à affronter et auxquelles rien ne les avait préparés. Tous deux forcent l’admiration par leur courage, mais l’auteur ne tombe jamais dans l’écueil qui consisterait à en faire des super-héros : leur maturité soudaine est due à des circonstances dont ils se seraient bien passés et, si elle a modifié leur comportement, elle ne les empêche pas d’avoir peur et d’être pétris de doutes ; il leur arrive de craquer, voire de redevenir momentanément les adolescents qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être. Tous deux sont en tout cas très humains et attachants, et on suit avec passion leur évolution dans ce contexte cauchemardesque.

Comme on peut l’imaginer, les (histoires) parallèles vont finir par se rejoindre… dans le troisième tome (Les survivants), dont je ne parlerai pas plus pour éviter de spoiler. Je me contenterai de préciser que ce roman est celui que j’ai le moins aimé des trois : plus poussif que les deux premiers, il finit à mon avis un peu en queue de poisson. Un quatrième tome était d’ailleurs prévu, mais l’auteur et l’éditeur ont décidé d’y renoncer, d’un commun accord. Dommage qu’ils n’aient pas demandé l’avis de leurs lecteurs, personnellement j’aurais voté pour son maintien ! Il est dommage qu’une histoire d’une telle qualité n’ait pas la conclusion qu’elle mérite : Chroniques de la fin du monde est une excellente trilogie, qui tient en haleine le lecteur (pratiquement) d’un bout à l’autre de son millier de pages. Il est aussi lisible par des adultes de tous âges que par des adolescents ; par contre je ne le mettrais pas entre les mains des plus jeunes : certaines scènes sont étonnamment trashs pour un roman jeunesse !

MàJ 23.08.13 : En fait je viens de m’apercevoir que ce quatrième tome est sorti en anglais ! Il s’intitule The shade of the moon et commence deux ans après l’événement qui clôt le troisième tome. Je n’ose pas imaginer où ils en sont, étant donné que la situation ne cesse de se dégrader depuis le début du premier tome…

Multiversum – Leonardo Patrignani

Posté : 20 juillet, 2013 @ 6:35 dans Fantastique, Jeunesse, Livres | 1 commentaire »

Multiversum - Leonardo Patrignani dans Fantastique multiversum-207x300Quatrième de couverture :

Alex vit en italie, Jenny en Australie. Ils ne se sont jamais vus pourtant ils se connaissent depuis toujours, unis par un lien télépathique très fort. Le jour où ils cherchent à se rencontrer, ils découvrent qu’il existe une infinité d’univers parallèles et que la réalité qui les entoure n’est qu’une de ces multiples dimensions.

Parviendront-ils à se rejoindre tandis que leur destin semble lié à celui, inéluctable, de la Terre ? Existe-t-il un monde où vivre leur amour ?

Mon avis :

J’avoue avoir abordé ce roman avec une certaine méfiance : son quatrième de couverture suggère une histoire d’un romantisme échevelé, impression encore renforcée par la couverture, jolie mais un peu kitsch. Or, autant j’adore les littératures de l’imaginaire – et particulièrement le thème des univers parallèles – autant j’ai une sainte horreur des histoires d’amour à l’eau de rose.

Je rassure tout de suite les lecteurs qui partageraient cette inclination : si la romance entre Alex et Jenny tient une place non négligeable dans l’histoire, la notion d’univers parallèles en est bien le thème principal, et elle est très bien exploitée. Ce multivers est vraiment… multiple, les univers se succèdent, se croisent, se ressemblent souvent, s’enchevêtrent parfois, ce qui rend le périple des deux adolescents d’autant plus angoissant pour eux… et pour le lecteur, à qui il arrivera parfois de se perdre un peu en route ! Mais il retombera toujours sur ses pattes quelques chapitres plus loin : le roman est solidement construit, l’auteur ne laisse rien au hasard. Chaque détail a son importance, y compris ceux qui semblent inutiles à première vue et ralentissent l’action.

Les personnages secondaires sont parfois un peu flous – surtout les parents des deux jeunes gens, dont on devine pourtant que leur rôle se révélera plus important qu’il n’y paraît. Mais le troisième protagoniste, Marco, est particulièrement intéressant : ce serait un de ces geeks désormais « classiques » auquel la littérature jeunesse nous a habitués depuis une dizaine d’années, si les aléas de la vie n’avaient pas contribué à le maintenir cloîtré chez lui, entouré de ses seuls ordinateurs. Je n’en dirai pas plus, dans la mesure où son histoire personnelle a des implications importantes dans l’intrigue.

Tout ne s’explique pas à la fin de cet ouvrage, qui n’est que le premier tome d’une trilogie. Mais l’histoire ne finit pas sur un cliffhanger artificiel, elle constitue vraiment une première partie qui comporte sa propre conclusion – assez spectaculaire, il faut bien le dire !

Je recommande donc ce roman jeunesse aussi bien aux « vrais » jeunes qu’aux adultes de tous âges, pour qui il est tout à fait lisible aussi. Je pense même que seul l’âge des protagonistes en fait une œuvre jeunesse.

 

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