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Par les écrans du monde – Fanny Taillandier

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Il existe des façons plus agréables de commencer votre journée que par un coup de téléphone de votre père vous annonçant sa fin prochaine. Pour Lucy et William, ses deux enfants, le réveil est très difficile. Et pourtant, pour l’un comme pour l’autre, le cauchemar ne fait que commencer.

Nous sommes au petit matin du 11 septembre 2001, ce « mardi noir » de triste mémoire. Peu de temps après cet appel privé, un événement de portée ô combien mondiale va survenir : deux avions de ligne vont s’écraser dans les tours jumelles du World Trade Center. Deux autres s’écraseront respectivement sur le Pentagone et en pleine nature, parce que les passagers du dernier auront réussi à maîtriser les pirates de l’air – mais pas à sauver leurs propres vies.

Lucy et William Johnson seront tous deux directement touchés par l’événement. Lucy travaille dans une des tours jumelles. Ce matin-là, elle presse le pas en sortant de la rame du métro : une dure journée de travail l’attend, avec en prime une séance particulièrement importante pour sa carrière. Bien sûr, cette journée sera beaucoup plus dure que tout ce qu’elle avait imaginé, et d’une manière très différente.

William, lui, est officier en chef du service de la sécurité de l’aéroport Logan International de Boston. Par rapport à sa sœur, il pourrait presque passer pour un petit veinard. Sauf que les avions qui ont fini leur vol dans les tours jumelles ont décollé de « son » aéroport. Son cauchemar peut se résumer ainsi :

« Ses deux avions, depuis ses deux terminaux, piratés par des gens que ses équipes avaient laissés monter, précipités dans le World Trade Center. »

Parmi les terroristes, un certain Mohammed Atta. Un jeune Égyptien apparemment sans histoires, voire sans relief : discret, intelligent, travailleur, architecte de formation, il a étudié au Caire et à Hambourg. Très vite, l’enquête va se focaliser sur lui. Un Agent spécial va passer sa vie au peigne fin, afin de découvrir quand, comment et pourquoi ce personnage presque falot est devenu le cerveau des attentats du 11 septembre.

On suit Lucy, William et Mohammed tout au long de cette journée – assez courte pour le troisième. Parallèlement, leur passé nous est dévoilé par bribes, sous forme de flashbacks pour le frère et la sœur, et en tant que résultat d’enquête pour Mohammed Atta. Peu à peu, tous les trois deviennent pour le lecteur aussi réels et aussi romanesques les uns que les autres, au point qu’on en arrive presque à oublier qui est fictif et qui a vraiment existé. Plus étonnant encore, Mohammed Atta apparaît aussi fragile que Lucy et William, et on a peine à associer le timide jeune homme au « monstre » qui a organisé un tel massacre.

La journée du 11 septembre est racontée d’une façon précise, presque clinique, dans un style plutôt journalistique. Le lecteur complète automatiquement la description des événements par les images qu’il connaît par cœur, ce qui renforce encore l’impression de suivre un documentaire. On se surprend alors à tourner les pages avec impatience « pour savoir la suite », comme si on ne la connaissait pas. Mais lors des flashbacks, le rythme ralentit, l’auteur prend le temps de fouiller la psychologie de ses personnages – réels et imaginaires – alternant ainsi les passages haletants et des moments plus émouvants.

Car Par les écrans du monde est bien un roman, et un très bon. A la fois roman historique bien documenté et détaillé, thriller haletant et roman psychologique souvent émouvant, il possède toutes les qualités requises dans ces trois genres. Pourtant, il semble passer un peu inaperçu dans l’abondance de la rentrée littéraire. C’est bien dommage. Courez le découvrir !

4e de couverture :
Dans l’aube à peine levée sur un lac proche de Detroit, aux États-Unis, un vieil homme insomniaque laisse successivement le même message à sa fille et à son fils : il va bientôt mourir. Elle est une brillante mathématicienne et travaille à calculer les risques dans une compagnie mondiale d’assurances dont le siège est au World Trade Center, à New York. Lui est un vétéran de l’US Air Force, il dirige la sécurité à l’aéroport de Boston. C’est le matin du 11 septembre 2001 et un jeune architecte égyptien, Mohammed Atta, a pris les commandes d’un Boeing 767.
Entre roman d’espionnage et méditation historique, entre western et fable dostoïevskienne, Fanny Taillandier propose de parcourir le labyrinthe cathodique d’un millénaire dont le spectacle, d’emblée, s’impose comme une énigme.

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