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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Pétronille – Amélie Nothomb

Classé dans : Littérature générale,Livres — 30 août, 2014 @ 19:46

PetronilleQuatrième de couverture :

« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Ma critique :

Amélie Nothomb nous a habitués depuis longtemps à ces petites phrases énigmatiques, encadrées en principe de guillemets – citation oblige – en lieu et place des résumés fournis qui ornent habituellement les quatrièmes de couverture. Celle-ci nous présente le personnage qui donne son titre au roman : Pétronille, jeune femme  au physique et au look un peu androgynes, âgée de 22 ans au moment où débute l’histoire. Le lecteur découvrira vite que l’aspect physique n’est qu’un élément parmi tant d’autres qui rendent ce personnage plutôt inclassable.

La narratrice est une certaine… Amélie Nothomb, qui au début de l’histoire est confrontée à un grave problème : si elle adore le champagne, elle déteste le boire seule, et elle se cherche donc « un convignon ou une convigne », c’est-à-dire un compagnon qui, au lieu de partager avec elle le pain – comme le suggère l’étymologie du mot – l’aidera à consommer le produit de la vigne. Car la jeune Belge fraichement débarquée à Paris estime que « Dans la Ville lumière, il doit y avoir quelqu’un avec qui boire la lumière. »

Elle finira donc par trouver ce quelqu’un, en la personne de Pétronille. Les deux femmes deviennent vite amies, mais on ne serait pas dans un roman d’Amélie Nothomb si leur relation évoluait en un long fleuve tranquille. La jeune fille se révèle aussi « pittoresque » que son prénom, pour le moins décidée, avec une tendance dominatrice dont la narratrice, un peu trop accommodante, fera plus d’une fois les frais.

Il serait dommage d’en dévoiler plus, même s’il ne s’agit pas d’un thriller, ni même d’un roman qui repose essentiellement sur les rebondissements. Comme toujours, l’histoire est déjantée tout en gardant un côté vraisemblable, si bien qu’on se demande tout au long de la lecture quelle en est la part autobiographique – question d’autant plus évidente que la narratrice porte le nom de l’auteur, et lui correspond en de nombreux aspects connus. Mais ce qui fait le sel de ce « récit » (?), c’est le style inimitable d’Amélie Nothomb, constitué à la fois d’une fausse simplicité et d’une certaine préciosité sans jamais tomber dans la prétention, d’autant qu’il est souvent au service d’une féroce autodérision envers son auteur. On se surprend donc à rire à de nombreuses reprises, voire à éclater de rire à certains passages, situation particulièrement gênante quand on lit le roman, seule, dans un lieu public – c’est du vécu…

La fin de ce roman est un peu controversée, pour employer un terme à la mode. Personnellement je l’ai adorée, et elle m’a valu un fou rire et un grand moment de solitude à la terrasse d’un restaurant parisien… C’est la seule raison pour laquelle je ne remercie pas totalement Mme Nothomb pour ce roman, un de ses meilleurs à mon avis.

3 commentaires »

  1. Pauline dit :

    Je crois que c’est le coup du pyjama qui m’a fait le plus rire!

  2. Léa Touch Book dit :

    Je viens de le finir et j’ai beaucoup apprécié cela m’a fait du bien :)

  3. courtier dit :

    fabuleux article, merci bien.
    courtier http://www.courtierimmobilier.eu

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