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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Archive pour février, 2012

La cabane de l’aiguilleur – Robert Charles Wilson

Posté : 12 février, 2012 @ 11:15 dans Livres, Science-fiction | Pas de commentaires »

La cabane de l'aiguilleur - Robert Charles Wilson dans Livres 9782070441242Quatrième de couverture :

A la mort de sa mère, Travis Fisher est recueilli par sa tante, Liza Burack, à Haute Montagne. Malgré la Grande Dépression, la vie y est simple, rythmée par le travail à la fabrique de glace, les sermons à l’église baptiste et les sorties avec Nancy Wilcox. Travis en viendrait presque à oublier son statut d’inadapté.

Mais il y a la mystérieuse Anna Blaise, elle aussi hébergée par les Burack. Qui est-elle vraiment ? Quel secret cache-t-elle dans sa chambre systématiquement close ?

Ma critique :

Robert Charles Wilson est surtout connu du grand public pour son roman de science-fiction Spin, suivi de Axis. De ce fait, il est plutôt catalogué dans le genre SF avec les éléments qui y sont généralement associés : histoire qui se déroule dans le futur, espace, mise en pratique des théories scientifiques les plus pointues…

Rien de tel dans La cabane de l’aiguilleur : l’action se déroule à l’époque de la Grande Dépression, donc dans le passé, et la résolution du mystère qui entoure Anna Blaise se situe dans des contrées beaucoup plus abstraites, plus proches peut-être du fantastique, malgré le nom de la collection dans laquelle le roman est publié.

Il faut préciser que, malgré sa publication récente, il s’agit du premier roman de Wilson. On y décèle d’ailleurs des maladresses de débutant, y compris quelques longueurs et une certaine naïveté dans l’ensemble, mais aussi les qualités qui nous font aimer l’auteur : beaucoup de poésie et une grande finesse dans la description des personnages, auxquels on s’attache dès le début. Un roman un peu mineur, donc, mais à conseiller aux nombreux fans de Robert Charles Wilson.

Hiver arctique – Arnaldur Indridason

Posté : 8 février, 2012 @ 9:30 dans Livres, Polar / thriller | 4 commentaires »

Hiver arctique - Arnaldur Indridason dans Livres Hiver_arctique-181x300Quatrième de couverture :

Comment peut-on poignarder un enfant ? Au cœur de l’hiver arctique, en Islande, un garçon d’origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ?

Le commissaire Erlendur mène l’enquête, s’acharne et s’embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s’obstine à survivre dans une nature hostile. L’absurdité du mal ordinaire lui échappe…

Ma critique :

Le titre de ce roman constitue déjà tout un programme : on ne s’attend pas à ce qu’il y règne chaleur, clarté et joie de vivre ! Et on n’est pas déçu : dans un contexte climatique extrême – un mois de janvier à Reykjavík, dans l’attente d’une tempête de neige – Erlendur tente de trouver le ou les meurtrier(s) d’un enfant de 10 ans que tout le monde semblait apprécier beaucoup. La seule caractéristique que l’on puisse « reprocher » au petit garçon est…  son origine : c’est un « étranger », en l’occurrence le fils d’un Islandais et d’une Thaïlandaise né en Islande.

Dès lors, l’enquête va s’orienter sur le crime raciste. En effet, dans l’entourage de la famille, certains voient d’un mauvais oeil la présence de tant de Thaïlandais. Parmi eux, un professeur de l’enfant assassiné, et certains élèves de son école.

Comme tout bon auteur de polar qui se respecte, Arnaldur Indridasson se sert de l’enquête fictive pour décrire son pays d’une façon particulièrement fine, aussi bien au niveau climatique que sociologique et politique. Tout en se sentant dépaysé, le lecteur du « continent » ne pourra s’empêcher de faire le lien avec son propre pays, quel qu’il soit, et reconnaîtra dans les réactions racistes de certains personnages des relents malheureusement tout aussi présents chez lui…

Freedom – Jonathan Franzen

Posté : 7 février, 2012 @ 9:10 dans Littérature générale, Livres | Pas de commentaires »

Freedom - Jonathan Franzen dans Littérature générale Freedom-198x300Quatrième de couverture :

Patty sera la femme idéale, c’est décidé. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse a fait, en l’épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à son goût pour les bad boys, à commencer par Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter.

Freedom raconte l’histoire de ce trio amoureux et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité. Anatomie d’un mariage, ce livre propose une méditation sur les déceptions et les compromis auxquels se trouvent confrontés ces baby-boomers qui avaient voulu changer le monde. C’est aussi l’acte d’accusation le plus féroce qu’on ait vu depuis longtemps sur ce qu’est devenue l’Amérique.

Ma critique :

Ce roman se lit facilement et avec beaucoup de plaisir, malgré deux aspects qui peuvent intimider et rebuter : il est très long (719 pages !), et il ne s’y passe pas grand-chose… A ce stade certains sont déjà passés à la critique suivante ! Pour ceux qui restent : un peu bizarrement, on ne s’ennuie jamais : on entre tout naturellement dans cette famille et on s’intéresse à chacun de ses membres, qu’on finit par connaître beaucoup mieux qu’ils se connaissent entre eux. Ceci n’est d’ailleurs pas très difficile, tant règne le manque de communication entre mari et femme, parents et enfants, sans même parler des amis… et plus si affinités !

Au-delà de leur problèmes affectifs, les personnages s’inscrivent bien sûr dans un contexte historique, social et culturel et, dans la mesure où le roman se déroule sur une trentaine d’années, ils composeront avec l’opposition républicains-démocrates typique de la politique américaine, l’écologie, la libération sexuelle, et des événements historiques comme, entre autres, la guerre d’Irak.

Mais le roman reste avant tout focalisé sur une famille qui se débat avec les caractéristiques de son époque, et non sur l’histoire d’un pays à travers une famille qui servirait de prétexte. C’est sans doute la raison pour laquelle on suit avec beaucoup d’intérêt le moindre rebondissement de la vie de ces personnages qui sont tout sauf des héros ou des salauds : ce sont juste des gens comme vous et moi qui affrontent des problèmes similaires à ceux que nous vivons tous les jours.

 

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