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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Le cas Sneijder – Jean-Paul Dubois

Classé dans : Littérature générale,Livres — 14 janvier, 2012 @ 23:33

Le cas Sneijder - Jean-Paul Dubois dans Littérature générale cas_sneijder2-204x300Quatrième de couverture :

Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte avec les autres passagers. Commence alors pour Paul Sneijder une étrange retraite spirituelle qui le conduit à remettre toute son existence en question. Tout lui devient peu à peu indifférent jusqu’au jour où, à la recherche d’un job, il tombe sur l’annonce qui va lui sauver la vie…

Ma critique :

Ce roman baigne dans une étrange atmosphère : l’horrible accident qui fait basculer la vie de Sneijder est tragique sans ambiguïté, et on s’attend à assister à la lente résurrection psychologique d’un homme brisé, aux deux sens du terme.

Le « cas Sneijder » est beaucoup plus complexe. Avant même l’accident, certains éléments de la vie de ce personnage renseignent sur la faiblesse de son caractère, notamment au détriment de sa fille. On ne devrait donc pas être étonné que, après le drame, son deuil prenne une tournure aussi… atypique : au lieu de développer une phobie des ascenseurs, il se passionne pour l’histoire et la technique de cet accessoire urbain, qu’il semble peu à peu idolâtrer plutôt que rejeter. Puis il se reconvertit professionnellement d’une façon pour le moins surprenante, et semble y trouver un certain plaisir teinté de dégoût.

Ce dernier point résume à lui tout seul le dernier roman de Jean-Paul Dubois : le personnage principal semble « incompréhensible », aussi bien pour son entourage que pour le lecteur. On ne comprend ni sa passivité excessive, ni ses choix souvent masochistes en apparence – comme s’il voulait se punir de la mort de sa fille alors que lui-même a survécu -, en tous les cas ses motivations demeurent mystérieuses. C’est sans doute la raison pour laquelle on a du mal à s’intéresser à son sort : le seul sentiment fort qu’il inspire au lecteur est une énorme envie de le secouer pour qu’il se défende contre un entourage abject – trop abject, d’ailleurs, pour qu’on y croie vraiment – qui ne fait que l’enfoncer dans son malheur. La mollesse du « héros » et le caractère extrême des autres personnages empêchent une réelle immersion dans le roman, qui par ailleurs ne manque pas d’intérêt de façon ponctuelle.

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