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Critiques littéraires, cinématographiques et musicales

Archive pour janvier, 2012

No et moi – Delphine de Vigan

Posté : 21 janvier, 2012 @ 7:18 dans Littérature générale, Livres | 5 commentaires »

No et moi - Delphine de Vigan dans Littérature générale No_et_moi-185x300Quatrième de couverture :

No et moi, c’est une rencontre merveilleuse avec Lou, adolescente surdouée de 13 ans. Coincée entre une mère à la dérive et un père qui force la bonne humeur, elle aborde sa 1ère année de lycée avec réticence et timidité jusqu’à sa rencontre avec No…

Un regard nouveau sur le monde des SDF, un mélange de clairvoyance et de naïveté sur la pauvreté. Une bulle de douceur.

Ma critique :

On s’attache immédiatement à Lou, cette petite fille surdouée mais trop intelligente pour entretenir de bonnes relations avec les enfants de son âge. Et on ne peut que compatir au malheur de No qui, à peine plus âgée que Lou, vit au jour le jour la dure réalité de la rue. Enfin, il y a Lucas, le camarade de classe de Lou, l’adolescent presque adulte qui connaît aussi un certain manque affectif, même si son isolement semble moins tragique que celui de No. Ces trois-là sont amis pour… la vie ? C’est du moins ce qu’ils pensent. Mais qu’est-ce que l’amitié à leur âge ? Ils le découvriront au cours de leur expérience commune.

En arrière-plan, il y a les parents de Lou : après le drame qui a frappé leur famille quelques années avant que ne démarre l’histoire, ils tentent laborieusement de surmonter leur chagrin, avec plus de réussite pour le père que pour son épouse. La rencontre avec No sera déterminante pour la cohésion de leur famille.

Le principal intérêt de ce roman réside en la relation complexe qui va se développer entre les cinq protagonistes principaux : amitié, amourette, désir, amour conjugal, parental et filial, voire empathie et / ou pitié… Chacun va découvrir les autres et se découvrir des sentiments et des ressources insoupçonnés jusqu’alors. Ces interactions vont permettre à chacun d’évoluer individuellement et collectivement.

On a beaucoup comparé ce roman à L’élégance du hérisson de Muriel Barbery, sans doute en référence au personnage principal : une surdouée d’une douzaine d’années et mal dans sa peau dans les deux cas. Mais No et moi fait plus enfantin, voire naïf, et pour tout dire on croit moins aux personnages qui, à l’exception de Lou, paraissent un peu transparents. Les différentes péripéties (dont on ne dévoilera rien) semblent parfois assez tirées par les cheveux, à la limite du crédible. Mais la lecture de ce roman reste agréable et sympathique, et donne à réfléchir sur divers sujets de société – dont bien sûr celui des sans-abris.

Le cas Sneijder – Jean-Paul Dubois

Posté : 14 janvier, 2012 @ 11:33 dans Littérature générale, Livres | Pas de commentaires »

Le cas Sneijder - Jean-Paul Dubois dans Littérature générale cas_sneijder2-204x300Quatrième de couverture :

Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte avec les autres passagers. Commence alors pour Paul Sneijder une étrange retraite spirituelle qui le conduit à remettre toute son existence en question. Tout lui devient peu à peu indifférent jusqu’au jour où, à la recherche d’un job, il tombe sur l’annonce qui va lui sauver la vie…

Ma critique :

Ce roman baigne dans une étrange atmosphère : l’horrible accident qui fait basculer la vie de Sneijder est tragique sans ambiguïté, et on s’attend à assister à la lente résurrection psychologique d’un homme brisé, aux deux sens du terme.

Le « cas Sneijder » est beaucoup plus complexe. Avant même l’accident, certains éléments de la vie de ce personnage renseignent sur la faiblesse de son caractère, notamment au détriment de sa fille. On ne devrait donc pas être étonné que, après le drame, son deuil prenne une tournure aussi… atypique : au lieu de développer une phobie des ascenseurs, il se passionne pour l’histoire et la technique de cet accessoire urbain, qu’il semble peu à peu idolâtrer plutôt que rejeter. Puis il se reconvertit professionnellement d’une façon pour le moins surprenante, et semble y trouver un certain plaisir teinté de dégoût.

Ce dernier point résume à lui tout seul le dernier roman de Jean-Paul Dubois : le personnage principal semble « incompréhensible », aussi bien pour son entourage que pour le lecteur. On ne comprend ni sa passivité excessive, ni ses choix souvent masochistes en apparence – comme s’il voulait se punir de la mort de sa fille alors que lui-même a survécu -, en tous les cas ses motivations demeurent mystérieuses. C’est sans doute la raison pour laquelle on a du mal à s’intéresser à son sort : le seul sentiment fort qu’il inspire au lecteur est une énorme envie de le secouer pour qu’il se défende contre un entourage abject – trop abject, d’ailleurs, pour qu’on y croie vraiment – qui ne fait que l’enfoncer dans son malheur. La mollesse du « héros » et le caractère extrême des autres personnages empêchent une réelle immersion dans le roman, qui par ailleurs ne manque pas d’intérêt de façon ponctuelle.

Terrienne – Jean-Claude Mourlevat

Posté : 9 janvier, 2012 @ 9:45 dans Non classé | 1 commentaire »

TerrienneQuatrième de couverture :

Tout commence sur une route de campagne…

Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et passe… de « l’autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie.

Elle se découvrira elle-même : Terrienne.

Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

Ma critique :

Superbe roman, publié dans une collection jeunesse, mais qui intéressera tout autant les lecteurs adultes friands d’un genre à mi-chemin entre le fantastique et la science-fiction. Les personnages sont crédibles, on ressent tout de suite beaucoup d’empathie pour eux : on a l’impression de marcher aux côtés d’Anne, la jeune héroïne – 17 ans – et de chercher sa sœur avec elle tout en luttant désespérément pour ne pas finir ses jours dans ce monde parallèle cauchemardesque.

Cet « autre côté » est en effet aseptisé dans tous les sens du terme, aussi bien physique que psychologique : ni la saleté, ni les microbes, ni le doute ou les sentiments en général n’y ont une place, dans leur recherche d’un monde parfait cette société s’est robotisée à l’extrême, nous faisant apprécier par comparaison odeurs pestilentielles, bruits horripilants et incivilités de toutes sortes. Il y a chez l’auteur une volonté évidente de mettre en garde contre la tentation d’un « monde parfait » susceptible d’évoluer en dystopie.

Si ce roman vous plaît, je ne saurais trop vous recommander la lecture du Combat d’hiver, ainsi que de La rivière à l’envers – en deux tomes – toujours de Jean-Claude Mourlevat.

Ne les crois pas – Sebastian Fitzek

Posté : 7 janvier, 2012 @ 10:24 dans Livres, Polar / thriller | 3 commentaires »

Ne les crois pas - Sebastian Fitzek dans Livres 9782253158370-185x300Quatrième de couverture :

Yann May, un célèbre psychologue berlinois, est au téléphone avec Leoni, sa fiancée. La liaison est mauvaise. Pourtant il l’entend dire : « Ne les crois pas. Quoi qu’ils te disent… ne les crois pas… » Alors qu’il est encore en ligne, un policier sonne et lui annonce la mort accidentelle de Leoni, une heure plus tôt…

Huit mois ont passé. Ira Samin, une psychologue de la police, a décidé d’en finir. Mais, alors qu’elle s’apprête à passer à l’acte, un de ses collègues vient la chercher pour l’emmener dans une station de radio. Un forcené s’est retranché dans un studio et menace d’abattre ses otages.

Ma critique :

Le pitch est alléchant, les premiers chapitres ne le sont pas moins : écrit à la manière rapide et nerveuse d’un scénario, le roman nous embarque dès le départ dans une histoire qui mérite bien son appellation de thriller. La forme correspond d’ailleurs à ce genre : les chapitres sont assez courts et sautent d’un personnage à l’autre, dans la plus pure tradition des pages-turners. De plus, les personnages vivent des drames humains qui créent une certaine empathie pour eux et donnent d’autant plus envie de les suivre jusqu’au bout.

Mais à mesure que l’histoire se déroule, un certain nombre d’invraisemblances sautent aux yeux du lecteur, qui aura de plus en plus de mal à y croire. Le phénomène ne fait que s’aggraver, si bien qu’on finit le livre surtout par curiosité, pour voir comment l’auteur va « s’en sortir » plutôt que par intérêt réel pour le destin des protagonistes. Les scènes d’actions s’enchaînent à une telle allure vers la fin qu’on a plus l’impression de regarder un film hollywoodien que de lire un roman… allemand en l’occurrence !

Il n’en reste pas moins que Ne les crois pas offre un bon plaisir de lecture, parfait pour se détendre sans trop fatiguer ses neurones.

Et c’est reparti…

Posté : 7 janvier, 2012 @ 9:56 dans Non classé | Pas de commentaires »

Après une légère interruption de… voyons… trois ans, tout au plus, je poursuis l’édition de ce blog. Eh oui, cela faisait partie de mes bonnes résolutions pour 2012 (sûrement la seule que je tiendrai d’ailleurs) ! N’hésitez pas à laisser vos commentaires sur nos lectures communes !

 

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