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L’homme qui voulait vivre sa vie – Douglas Kennedy

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L'homme qui voulait vivre sa vie - Douglas KennedyBen Bradford a tout pour être heureux, aussi bien au niveau professionnel que privé : associé dans un cabinet d’avocats réputé de Wall Street, il gagne très bien sa vie. Suffisamment bien pour que son épouse, Beth, ait pu arrêter de travailler pour se consacrer pleinement à sa passion : l’écriture. Ils ont deux adorables bambins : Jack, quatre ans, et Josh, cinq mois. Que demander de mieux ?

Mais bien sûr, Ben n’est pas heureux. D’abord, il n’a jamais souhaité devenir avocat. Il n’a entrepris des études de droit que contraint et forcé par son père, qui se préoccupait de l’avenir du jeune homme à un niveau plus matérialiste que romantique… De crainte de se voir couper les vivres, le jeune homme n’a eu d’autre choix que de renoncer à sa seule vraie passion : la photographie. Arrivé à l’aube de la quarantaine, et bien des années après la mort de son père, Ben rage encore d’avoir sacrifié son hobby et ses ambitions artistiques au profit du confort matériel.

Son mariage ne se porte guère mieux : Beth et lui ne s’entendent plus guère. Elle semble même lui reprocher de l’avoir encouragée à cesser son activité professionnelle au profit de l’écriture, sous prétexte qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier un seul de ses romans. Pour le punir de Dieu sait quoi, elle se réfugie régulièrement dans un mutisme absolu qui l’affecte encore plus que leurs disputes. Et Ben n’est pas encore au bout de ses peines, loin de là ! Quand il découvrira à quel point son avenir conjugal est compromis, sa réaction viscérale fera basculer sa vie en quelques minutes…

Ce billet ne vous apprendra rien de plus sur la suite de l’histoire, pour éviter de la « spoiler », c’est-à-dire de vous gâcher l’effet de surprise. Malheureusement l’éditeur a eu moins de scrupules à ce sujet… C’est pourquoi si ce résumé vous donne envie d’acheter ou d’emprunter L’homme qui voulait vivre sa vie, un bon conseil : ne lisez pas le quatrième de couverture, qui en révèle beaucoup trop !

Comme son titre l’indique, l’ambivalence entre nos aspirations de jeunesse et les dures réalités de la vie active constitue le thème principal de ce roman. Les personnages ne sont pas des martyrs, et ils ont bien conscience que beaucoup de leurs compatriotes aimeraient être à leur place. En même temps, ils ont perdu toutes leurs illusions de jeunesse et savent que s’ils ne font pas « quelque chose » pendant qu’il est encore temps, ils finiront totalement aigris. On leur a empêché de vivre leur vie comme ils le souhaitaient, et ils tentent désespérément de redresser la barre – au moins en partie…

L’homme qui voulait vivre sa vie est un très bon roman, facile et agréable à lire – sans les lourdeurs qu’on pouvait reprocher au Charme discret de la vie conjugale – mais sans sacrifier à la facilité : en racontant une histoire qui mêle habilement chronique familiale et thriller, Douglas Kennedy dénonce au passage pas mal des « vices » de la société dans laquelle il vit, et où personne n’est jamais tout à fait bon ni tout à fait mauvais. Les « méchants » et les « gentils » semblent ne pas exister de son point de vue, il n’y a que des gens normaux qui se débrouillent comme ils peuvent avec leur situation familiale, sociale et professionnelle. Ce sens de la nuance fait de ses romans des oeuvres riches à plus d’un titre, qui soulèvent bon nombre de questions sur la société américaine… et sur la nôtre puisque, en dépit d’un préjugé tenace, nous vivons tout de même sur la même planète !

A lire pour se distraire, s’évader dans des contrées que même les Américains méconnaissent souvent, et pour réfléchir – un peu…

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4 Commentaires

  1. EmmaBovary

    5 octobre, 2008 à 17:37

    Là, je lis « Les Charmes discrets de la vie conjugale » et je suis agréablement surprise par le style. L’histoire se lit bien. Les rebondissements ne me paraissent pas excessifs.
    Je me suis attachée à Hanna, l’héroïne. J’aime quand elle réfléchit sur la vie, le destin, le couple, la famille, la société…
    Il y a des chances que je poursuive la lecture de l’oeuvre de Douglas Kennedy avec « L’homme qui voulait vivre sa vie ».

  2. anne veillac

    22 octobre, 2008 à 9:43

    A quand la prochaine critique ?

  3. Pierre-Louis

    27 mars, 2009 à 18:47

    Merci de me faire découvrir cet auteur et pour le conseil concernant la 4ème de couv.

  4. Critéïne

    24 août, 2010 à 20:11

    Ta critique donne envie de lire le bouquin, si c’est ce que tu souhaitais, alors c’est réussi! :-)

    En tout cas, si j’opte pour sa lecture, je ne suis pas sûre de résister à la quatrième de couverture, que je lis et relis toujours (pour vérifier qu’elle décrit bien l’histoire, sans doute – encore mon côté maniaque) !

    Et toi, tu donnes encore plus envie de la lire! Ah, le paradoxe des interdictions!
    Gniark.

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